Mon chemin à travers les jardins de derrière pour aller jouer

Mercredi après-midi, 13.45 h: D’abord à travers les buissons dans le jardin de derrière, puis par la clôture déjà un peu tordue – Madame Hägi a dit qu’elle l’autorisait tant que les enfants étaient les seuls à se faufiler dans son jardin – puis sur le sentier piétonnier jusqu’à l’observatoire sur la place de l’école. Là, il y a un groupe de sapins qui est comme une maison de jeux pour nous. Emély est-elle là? Les autres? Non, ok, on continue jusqu’au pommier et on descend le petit escalier pour atteindre l‘autre sentier. Je vois de loin qu’ils ont tracé un nouveau parcours à la craie: gagné! J’ai trouvé mes copains de jeux. Ma mère m’a dit que je pouvais prendre ce chemin jusqu’ici mais pas plus loin. Pour me rendre au cours de musique, je dois traverser la grande route. Ça va, je dois toujours faire attention et je ne peux ni bavarder ni courir avec les autres. Mais je préfère prendre les chemins, et ne pas avoir à traverser une route. J’aime bien aussi faire un détour si c’est pour moi l’occasion de passer plus de temps avec une amie – c’est beaucoup plus intéressant.

Ma carte du pays se compose de nombreux petits chemins. Ils partent de la porte de chez moi et vont dans toutes les directions. Lorsque j’ai du temps, j’aime bien trouver de nouveaux chemins. Parfois, un concierge arrive et peste contre nous, surtout lorsque nous rôdons dernière le gymnase et passons devant les fenêtres du laboratoire de l’institut biologique. Alors je n’y vais plus du tout. Je trouve Madame Hägi très gentille, parce que nous avons parfois le droit de jouer au détective dans son jardin. Naturellement, à condition que nous ne marchions pas sur les fleurs. Mais nous l’aidons parfois à ratisser les feuilles ou à faire autre chose. Pour aller chez Manuel, je dois faire le tour à l’extérieur, sur le trottoir, alors qu’en passant par la petite porte du jardin, ce serait beaucoup plus rapide, mais elle est fermée. Sur un panneau est écrit «Chemin privé, passage interdit». Si tu savais comme c’est fatigant et ennuyeux de passer par le chemin officiel – alors que je veux seulement voir rapidement si Manuel est à la maison.

Heureusement, nous habitons dans ce quartier et je peux emprunter de nombreux chemins seule. Ma cousine habite à la campagne; là-bas il y a une ferme, mais lorsqu’elle veut jouer avec ses copains d’école, il faut toujours que quelqu’un l’emmène en voiture. Là-bas, la route n’a pas de trottoir et les voitures roulent super vite. Quand elle aura dix ans, elle aura la permission d’y aller seule en vélo. La pauvre! Espérons qu’ils construiront bientôt un chemin piétonnier jusqu’au village, sinon elle va encore s’ennuyer.

Nura Glättli (8 ans), enfant, escaladeuse de clôtures, professionnelle des jeux et des rêves

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Susan Glättli

Susan Glättli

Susan Glättli, géographe et journaliste, représentante de l’association Kind, Spiel & Begegnung im Länggassquartier, mère de deux enfants (5 et 8 ans)

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